édito

Cette fois c’est la bonne ?

On dirait que cette fois-ci, c’est la bonne. Et nous en sommes très heureux. Nous n’avons eu de cesse, depuis la fin de l’automne, de préparer ces retrouvailles. Nous avons parfois encore du mal à y croire, nous savons que la réouverture est liée au contexte sanitaire et à la circulation du virus, nous savons que tout peut encore arriver. Mais malgré ces doutes et craintes, nous prenons de nouveau le risque de nous impliquer densément pour vous offrir une programmation à la hauteur de vos espérances. Notre but : revenir au plus vite dans vos vies. Notre petite équipe de 4 salariés ne s’est donc jamais arrêtée. Pas de chômage partiel. Bien que les rideaux étaient fermés, nous étions là. Contrats sur contrats, avenants sur avenants, reports sur reports, annulations, modifications de planning, embauches, débauche (pas tellement en fait…), tricotage, détricotage… sans parler des projets de l’ombre. Ceux avec les écoles, l’EPHAD, le CCAS, l’AVAD…. Et puis il y avait les artistes. Heureusement, le plateau n’était pas vide. Le plancher a pu grincer sous leurs pieds. Mais les fauteuils ont commencé à rouiller. Même si certains spectacles se sont joués devant des professionnels, il manquait une chose essentielle aux œuvres pour exister et faire sens : Vous. Nous le savions, mais nous en sommes aujourd’hui convaincus. Sans vous, Œil attentif, sans votre présence, une œuvre ne peut pas vivre. Elle a besoin de cette confrontation, de cette rencontre pour prendre forme.

Revenez vite nous voir pour partager une nouvelle histoire singulière, propre à chacun et chacune, et cherchons ensemble comment rattraper ces longs derniers mois d’absence.

N’oublions pas non plus ce mouvement national d’occupation des Théâtres qui a débuté en mars et qui subsiste encore. Les travailleurs de la culture ont engagé un mouvement à la fois large et radical. Au-delà du secteur culturel – et des difficultés que rencontrent les intermittents du spectacle -, le mouvement lutte pour les droits de tous les précaires et demande notamment dans ce sens, le retrait de la réforme de l’assurance chômage censée prendre acte le 1er juillet.

De notre côté, il nous paraît essentiel de proposer un espace de dialogue artistique où chacun et chacune puisse y trouver une place, permettre des temps de débat autour des enjeux sociétaux, des sujets d’actualités, des préoccupations et questionnements du quotidien. Si l’une des vertus de l’art est de nous faire rêver, elle a aussi pour fonction d’interroger le « maintenant ».

Pour l’heure, place aux retrouvailles riches et denses. Deux mois de spectacles de tous bords, pour les familles, les tous petits, les mal-lunés, les excités, les paresseux, les malins, les curieux, les grincheux… Du payant, du gratuit. Du dedans, du dehors. Certains auraient dû jouer plus tôt, d’autres plus tard.

Nous espérons vous retrouver nombreux. On compte sur vous !

Hugo Frison et l’équipe du Théâtre Les Aires.